…au détriment de la nature, de l’activité agricole et du cadre de vie

Un corridor écologique insuffisant

Mentionné dans le SCOT, un corridor écologique devrait être préservé  dans le cadre de l’aménagement de la zone de Borly II. Malheureusement, aucune étude d’impact ou publication sur le fonctionnement précis de ce corridor n’a été proposée, ramenant celui-ci à un simple « reliquat » du projet de ZAC. Nous regrettons le fait que la préservation de ce corridor écologique n’inclut pas de partenaires associatifs, de naturalistes ou un bureau d’études spécialisé.
D’autre part,  le rapport d’évaluation du SCOT remis en septembre 2014, soulève les interférences entre Borly II et les continuités potentielles du territoire nécessaire à la sauvegarde de la biodiversité (voir encadré ci-contre). Il est donc nécessaire de maintenir une surface conséquente pour ce corridor et rester cohérent avec  la volonté de protéger les grands équilibres naturels sur l’agglo.

Il faut noter également que la proximité du plateau de Loëx, classé récemment espace naturel sensible par la présence d’espèces remarquables, est un élément de plus à mettre dans la balance. La présence de sonneurs à ventre jaune a été relevée dans un rayon de 500m autour du site de Borly II. Cette espèce est protégée au titre de l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Sa présence à proximité de la zone devrait inciter la collectivité à réaliser une étude d’impact.
Les parcelles de Borly II, situées en limite de ville, disposent de toutes les caractéristiques pour assurer cette transition intelligente entre deux milieux complémentaires de notre territoire.

Les sols pour nous nourrir, un patrimoine en danger

Il s’agit de 20ha de terres agricoles qui, une fois bétonnées, ne pourront jamais retourner à leur usage premier. L’agriculture est, une fois de plus, la variable d’ajustement du développement économique.
La bétonnisation tue le développement du secteur économique agricole. La terre et les sols ont une valeur intrinsèque inestimable. Le contrôle du sol est une nécessité collective. 14,8 millions d’euros, c’est largement sous-estimé par rapport aux millions d’années de services rendus. Donner une valeur monétaire à quelque chose d’intrinsèquement gratuit est même totalement déplacé.
Le terre agricole est un potentiel qui, une fois bétonné, disparaît à jamais. L’année internationale des sols en 2015 a mis en lumière l’importance de cette ressource dans la pérennité de nos territoires. Les êtres humains ont besoin de cette ressource pour vivre.  Une fois bétonné, on ne peut plus retourner en arrière…. alors qu’un artisan peut très bien s’implanter dans les « dents creuses », ici ou là. Il n’a pas la contrainte de déplacer son troupeau ou de gérer l’irrigation de ses cultures. L’agriculture est une activité non délocalisable d’où la nécessité de préserver les espaces.

L’agriculture, un secteur économique non délocalisable

En 2010, la Haute-Savoie  comptait 3120 exploitations agricoles. Leur nombre a baissé de 37% en 10 ans et de 71% en 30 ans. La moitié des petites exploitations (production inférieure à 25 000 €) a disparu en dix ans.
En 2016 sur l’Agglo, il reste moins de 45 exploitations agricoles, la moyenne d’âge de ces paysans étant de 50 ans. 225 personnes travaillent sur ces fermes, majoritairement des salariés. 15 exploitations sont en bovins lait et 12 en maraîchage. On trouve également de l’apiculture, des petits fruits, des plantes aromatiques, du bovin viande, de la viticulture, du fromage de chèvre, de l’horticulture, des activités équines etc. Ces produits alimentaires sont vendus en circuit-court et en circuit long. Pour plus de précision dans les données, vous pouvez consulter l’état des lieux de l’agriculture sur l’agglo présenté au groupe de travail du 14 janvier 2015 en annexe.
On sacrifie les derniers hectares (20 ha!) de terres agricoles plates qui permettraient de maintenir les dernières fermes de l’agglo. Ces terres permettraient également à terme de diversifier l’offre de produits locaux de proximité et de créer de l’emploi non délocalisable. La collectivité a choisi hier de protéger les alpages des Voirons, c’est son devoir aujourd’hui de réaffirmer le rôle nourricier de ce dernier tènement plat à proximité de la ville. Il est l’heure de changer le rapport de force et de placer l’agriculture au centre des enjeux de l’Agglo !

Des politiques publiques contradictoires !

L’Agglo compte environ  85 000 habitants. Certaines estimations prévoient une augmenta-tion de 20  000 habitants dans les 10 ans qui viennent. Du côté des consommateurs, la demande en produits locaux ne cesse de croître avec des taux à deux chiffres dans certaines productions. Et du côté de la profession agricole, depuis 2009, 17 porteurs de projets agricoles d’Annemasse Agglo se sont présentés au Point Accueil Installation (PAI) de la chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc, 4 seulement se sont installés. L’accès au foncier est le principal frein à l’installation de jeunes agriculteurs aujourd’hui.
Selon un état des lieux de la ressource, la surface agricole par habitant disponible sur l’agglo est déjà très largement insuffisante pour assurer une autonomie alimentaire du territoire.  A travers son Plan Climat Air Énergie Territorial, l’agglo a saisi cet enjeu et souhaite encourager les démarches alimentaires communales par divers moyens mais…. sans aucun budget. Et de l’autre côté, rien ne semble pouvoir arrêter l’urbanisation des terres agricoles.

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